Journal d’un retour : le plan

Lorsque nous avons pris l’avion le 16 février pour rentrer à Bruxelles après ces trois semaines à Kigali, nous avions une seule certitude : celle qu’on devait revenir. Le projet de restaurant avait germé durant le séjour. Maintenant comment allions-nous passer du rêve, au plan puis à la réalité ?
Ni John ni moi n’étions entrepreneurs, personne dans nos familles ne l’était non plus , ni lui ni moi ne travaillions dans la restauration (enfin on l’avait fait en job étudiant mais de là à ouvrir son propre restaurant). Nous n’avions aucune idée sur comment commencer et même Google ne m’aidait pas beaucoup . Nous avons rapidement décidé d’en parler à nos amis. J’entends souvent dire qu’il faut taire ses projets, ne pas en parler tant que ce n’est pas concret. Il y a derrière tout ça un mélange de superstition et de peur.

Kibuye : la petite maison au bord du lac

Après 3 bonnes heures de route, arriver à Kibuye est toujours un plaisir. Le lac, l’atmosphère, et cette sérénité que vous offre cette charmante ville balnéaire sont une jolie récompense après une route un peu abîmée par endroit . À Kibuye vous pouvez loger à l’hôtel bien sûr, au Cormoran Lodge dont je vous parlais ici ou au Rwiza Village, que je vous présentais il y a quelque mois déjà . Mais si comme moi, vous voyagez en famille ou avec des amis, peut être préférez-vous la tranquillité d’une maison qui vous offre un espace plus grand qu’une chambre et une totale autonomie. Si c’est le cas, waterfront house à Kibuye est l’adresse qu’il vous faut ! Cette jolie petite maison se trouve au bord du lac à quelques minutes du centre et est proche de différents hôtels pour les jours où vous n’avez pas envie de cuisiner .

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S’installer à Kigali

Nous sommes de nouveau dans cette période de l’année où certains partent et d’autres arrivent, enfin vu le contexte ils arriveront probablement plutôt cet été. Cela dit les DM et les emails sont d’ores et déjà bien là avec plusieurs questions récurrentes auxquelles je vais tenter de répondre ici. La première et la plus courante étant où vivre à Kigali ?

Kigali n’est pas une grande ville avec des embouteillages, et je souris souvent quand quelqu’un me dit qu’il vit loin car cela signifie sûrement qu’il vit à 20 ou 30 minutes du centre ville. Globalement j’ai l’impression que tout est à peu près à 15 minutes de voiture de tout. Surtout que la ville a crée récemment des nouvelles routes qui permettent de joindre des points assez opposés plus facilement. Alors où vivre dépendra de plusieurs choses. Votre budget évidemment, vos attentes en terme d’infrastructures proches de votre domicile, ce que vous trouvez charmant ou pas. La sécurité est bonne partout, et dès lors n’est pas un critère selon moi. 

 

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Journal d’un retour : la découverte de Kigali

Le 25 janvier 2014. Cette date je l’ai tellement attendue. C’était le premier vol long courrier d’Adèle et nous allions enfin au Rwanda . Quand l’avion s’est posé sur la piste à Kigali, j’ai été bouleversée. Il avait plu avant l’atterrissage, et quand les hôtesses ont ouvert, l’odeur de la pluie m’a littéralement percutée et j’ai pleuré. Mon mari ne comprenait pas ma réaction mais cette odeur, celle de la laterite après la pluie c’était une odeur qui m’avait tellement manquée et qu’on ne peut sentir que par ici . C’était tout une vague de souvenirs d’enfance qui débarquait. Et avec elle, beaucoup d’espoir aussi.

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Journal d’un retour : l’envie de partir…

Il n’y a pas forcément une bonne raison de « rentrer », il peut y avoir différentes raisons derrière cette envie. Dans notre cas, John et moi avions des raisons communes et différentes.

En commun, nous partagions l’envie d’élever notre fille ailleurs qu’en Belgique uniquement, nous voulions plus de multiculturalité . Nous avions aussi le sentiment qu’il serait difficile de sortir de nos cases en restant dans l’environnement où ces cases existaient depuis si longtemps. Nous cherchions notre page blanche afin de pouvoir découvrir qui nous étions quand personne n’était là pour nous regarder ou dire ce qu’on devait faire, même implicitement .

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Le Jour J

Il est 17h le 19 mars 2015.

Un électricien est toujours occupé à brancher le générateur, deux gars sont sensé terminer la barrière qui longe la cuisine jusqu’aux toilettes des clients, ce n’est pas gagné. J’ai récupéré les menus, le contenu est minimaliste : 4 entrées, 4 plats, 3 desserts. La salle est vide, murs blancs et juste nos tables et chaises, des vases avec des fleurs. On a une capacité de 20 couverts, et j’ai 22 réservations.
John est dans la cuisine, avec Anderson et Étienne, Cedric lui est à la plonge. Anderson et Étienne sont en charge de pas grand chose et sont déjà perdus, il faut dire qu’on l’est nous aussi. John fait tout dans cette cuisine, essayant d’anticiper tout ce qu’il peut mais notre mise en place de l’époque n’est pas efficace. En salle, j’ai Fred (heureusement) et Trésor qui très stratégiquement a installé une chaise près de la porte de la cuisine. Apparemment c’est son poste de travail, il est d’une timidité maladive et ne communiquera pas avec les clients de toute la soirée.

John et moi ne nous parlons pas beaucoup, je crois qu’on est aussi effrayé l’un que l’autre et qu’on a trop peur de ce qu’on pourrait verbaliser, puis aucun de nous n’a de temps à consacrer à l’autre . Il est 19h, la barrière est miraculeusement terminée, le générateur fonctionne.

 

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